La dernière chose qui peut être un frein à notre liberté d'agir est l'attachement aux choses.
Vous avez peut-être déjà entendu parler d'une mode qui nous vient de Suède: le Lagom. La devise de cet art de vivre à la suédoise est "ni trop, ni trop peu".
Certains diront que c'est juste une mode, que ça passera. Certains disent déjà que ce style est trop monotone car si on l'applique à tous les domaines, on ne doit pas trop faire de vagues, pas trop s'exclamer, pas trop faire la fête....
En ce qui me concerne, je viens vous en parler simplement pour le côté matériel qui me correspond tout à fait. Le principe est de ne pas accumuler des tonnes de choses chez soi. Ca ne sert à rien d'avoir dans son salon un buffet, une bibliothèque + une vitrine remplie. Personnellement, quand je suis invitée dans des maisons qui sont surchargées de décorations, de bibelots ou de livres qui débordent des bibliothèques, je ne me sens pas bien. J'aime les nouvelles boîtes à livres qui poussent aux quatre coins des rues, ça évite de s'encombrer: je prends, je prête, je remets le même livre ou un autre....
Vous avez sûrement déjà remarqué comme ça fait du bien de faire du rangement et du tri dans ses placards? Je fais régulièrement des sacs de vêtements et chaussures que je n'utilise plus pour les déposer dans les bennes pour recyclage ou don. Nos placards sont remplis de choses qu'on n'utilise pas mais qu'on garde au cas où.... Et dans certaines maisons, ce ne sont même plus seulement les placards mais des caves entières!
Je me souviens d'un jour où, pour faire du tri, j'ai réouvert des cartons de vêtements de bébé que je gardais depuis trois ans. Malheureusement les 3/4 de ces vêtements étaient jaunis ou moisis. Du coup, ils sont partis à la poubelle, quel gâchis! J'aurais mieux fait de les donner plus tôt...
J'ai la chance de ne pas être matérialiste alors j'arrive à faire le tri régulièrement. Mais j'avoue que quand je vois mes placards, je me dis qu'il y a encore du boulot!
Je dis "la chance" car je me suis rendue compte très récemment à quel point ça pouvait nous empêchait d'avancer lorsqu'on est (trop) attaché aux objets. Cet attachement est en fait parfois une vraie chaîne qui nous empêche d'avancer.
Moi qui ne le suis pas, je peux non seulement donner des choses mais également continuer à porter des bijoux offerts par un ex sans avoir le moindre sentiment lié à ce geste, mais juste parce que le bijou est joli. Pour moi, un objet est un objet, rien de plus.... Sauf s'il a été fabriqué exprès pour moi par quelqu'un que j'aime.
En revanche, lorsque l'on est attaché aux objets, on a forcément du mal à faire du tri (et on sait que quand on range sa maison, on range son esprit...), et on peut ainsi rester en quelque sorte bloqué dans le passé. C'est là où je dis que j'ai de la chance ! On devient esclave de nos biens comme si c'était NOUS qui leur devions quelque chose alors qu'un objet est normalement là pour que LUI nous rende service, nous soit utile. N'inversons pas les rôles...
Bonne nouvelle: si ce passage ne vous parle pas plus que ça, il y a de fortes chances pour que vous ne soyez pas attachés aux choses: c'est une vraie liberté.
C'est bien de vouloir garder des souvenirs mais peut-être en relativisant. J'ai une cousine qui a voulu garder la bague de notre mamie après son décès. Personne d'autre n'ayant émis le souhait de garder cette bague, nous lui avons laissée.
Ce qui est problématique c'est quand nous donnons une valeur symbolique à TOUTES les choses que nous possédons: parce que dans ce cas, nous vivons comme encombrés par tant de choses et il nous est impossible de nous en défaire. De plus, s'il nous arrive de casser accidentellement un de ces objets, c'est la catastrophe car nous lui avons attribué trop de valeur, trop de sens.
Pour moi les souvenirs ne sont pas dans les objets (sauf je le répète s'ils ont été fabriqués sur mesure pour nous en cadeau, comme un tableau en mosaïque, n'est-ce pas Juju?).
Les souvenirs que je garde sont plutôt sous forme de photos. Pour le reste, ils sont dans ma tête et dans mon coeur....
Alors, et vous ? Vous sentez-vous libres ?